Cataloguée aujourd'hui comme la sportive des " beaufs ", souvent moquée et parfois érigée en icône, la Renault Fuego reste une figure des années 1980. En voici les raisons.
Précisions historiques
Au milieu des années 1970, Renault pense à remplacer ses coupés Renault 15 et Renault 17. Robert Opron, alors directeur du Centre Style Renault, soumet l'idée d'un coupé haut de gamme pour remplacer les deux modèles précédents. Malheureusement pour la suite des événements, les dirigeants de la marque au losange ne retiennent pas l'idée de Opron et préfèrent se concentrer sur un coupé populaire, ratissant le plus large possible.
Opron confie alors le dessin de la remplaçante désignée des R15 et R17 coupés à Michel Jardin. Nous sommes en 1976. Le mythe Fuego est lancé.
Design moderne
Michel Jardin dessine ainsi un modèle aux lignes particulièrement modernes et au style très affûté. L'aérodynamisme est de rigueur et la Fuego se place résolument du côté des sportives agressives. Petite particularité, le bouclier avant part du dessous de la caisse pour se fixer à la base des phares. Un nouveau procédé technico-stylistique qui sera par ailleurs repris sur la Renault 25. Mais c'est surtout son hayon en " bulle " qui fera de la Fuego un modèle si singulier.
La Fuego est ainsi présentée et commercialisée en février 1980. Durant sa brève carrière (1980-1985), elle ne subira que très peu de changements extérieurs. Seule la version Turbo essence présentera des traits distincts : jantes aluminium de 14'' BBS en nid d'abeille, logos " Turbo " sur la calandre, les flancs et la lunette arrière (ah ça, on ne pouvait pas se tromper sur la marchandise !).
Intérieur en deçà
C'est à l'intérieur que l'aspect " beauf " de la Fuego lui sera par la suite le plus reproché. Les finitions sont très mauvaises, l'ergonomie d'un goût disons… particulier. Même la version Turbo ne trouvera pas fortune aux yeux des amateurs de sportives. Et ce malgré un volant sport en cuir et une sellerie velours grise avec liserés rouges (mmm !). Malgré tout, cet intérieur bénéficie d'une excellente visibilité et d'une luminosité louable, grâce à ses larges surfaces vitrées.
Un Turbo mais trop tard
Côté moteur, la Fuego a connu plusieurs partenaires. Renault n'ayant pas voulu frapper fort d'entrée, ce sont d'abord les versions TL et GTL qui sont commercialisées. Les deux sœurs Renault sont équipées d'un bloc 1.4 l de 64 ch. Pour séduire une clientèle tournée vers le sportif, on aurait pu faire mieux ! C'est en partie ce qui va entraîner la chute précoce de la Fuego dont l'image sportive tarde à s'établir malgré son look évocateur.
Il faudra attendre plus de trois ans pour voir enfin apparaître, en septembre 1983, une déclinaison plus mordante : la Fuego Turbo essence. Celle-ci est montée avec un bloc 1.6 l déjà aperçu sur la R18 Turbo. Ce moteur développe 132 ch à 5500 trs/min et 270 Nm de couple à 3000 trs/min. Mais cette ultime version ne suffira pas à faire monter les ventes de la Fuego qui est retirée du catalogue Renault en 1985.
La Fuego a cependant marqué son époque et les générations futures. La preuve avec ses apparitions dans la saga James Bond et dernièrement dans le film Mais qui a tué Pamela Rose ? Un beau parcours…
F. Grimpret
mardi mai 2, 11:27 AM
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