Ford Explorer Limited
Trop grand pour le quartier Latin, trop gourmand pour la route et trop lourd en tout-terrain, le Ford Explorer est taillé pour l´Amérique. C´est son charme.
Imaginez-vous sur Hollywood boulevard à Los Angeles au volant d´une Twingo : sourires amusés des passants. Ce sont les mêmes sourires que déclenche, sur les Champs-Elysées, le passage du Ford Explorer, son «équivalent» américain, qui pointe en troisième position du palmarès des ventes de voitures aux Etats-Unis et désormais importé officiellement en France.
Avec sa taille de camionnette (européenne), ce «petit» 4x4 (selon les normes américaines) ne goûte guère la circulation urbaine. En plus, avec un V6 cubant 4 000 cm3 accouplé à une boîte automatique à quatre rapports plus Overdrive, ce 4x4 est un gouffre. Entre l´Etoile et Nation, il ingurgite en moyenne 19 litres aux 100 de sans-plomb. Tout ça dans un confort de roulement tout juste correct, avec des suspensions générant des mouvements de caisse désagréables. Nombre de 4x4 modernes, dont les Mercedes M et Jeep Grand Cherokee, font mieux pour les lombaires.
A l´intérieur, le constat est le même. Le levier de vitesses automatiques planqué derrière le volant rappelle qu´en 1990, sa date de naissance, l´Amérique ne songeait guère au marché européen. Mais déjà à la protection de ses forêts comme le montre l´habillage de faux bois : savant mélange de loupe de PVC et de ronce de synthétique. Dommage que ce «bois» ne soit pas aussi luxueux que les épaisses moquettes de l´habitacle.
Les sièges tendus de cuir, l´électricité à tous les étages, des réglages de fauteuils aux vitres en passant par l´ouverture du toit en verre, et la climatisation plantent le décor. On est en Amérique... Quelques détails rappellent que le confort y est roi : le hayon s´ouvre en deux parties, un marchepied intégré au pare-chocs arrière facilite l´accès à la galerie et deux petites lumières logées sous les rétroviseurs éclairent le sol devant les portières, au déverrouillage. La banquette rabattable en un clin d´ oeil et le cache-bagages à enrouleur peaufinent la fonctionnalité. Normal pour un véhicule que Ford souhaite poser en alternative aux gros breaks.
Plus que sa très bonne insonorisation et ses performances, excellentes pour un engin de deux tonnes (194 km/h et 7 secondes en reprise), c´est le charme de ce gros cow-boy aussi à l´aise à la sortie de l´opéra que dans une cour de ferme qui séduira les amateurs de 4x4. Les trois positions du sélecteur de transmission «Control Trac» permettent d´évoluer soit en propulsion, assistée des roues avant si la motricité vient à manquer, soit en intégral permanent, sur une gamme de rapports courts ou longs. Mais aucun blocage de différentiel ni vrai antipatinage à la manière d´un Mercedes ML n´existe, ce qui limite ses aptitudes en franchissement.
Moins collet monté qu´un Range, moins prétentieux qu´un Mercedes et moins cher que les deux, l´Explorer se pose en challenger original du Jeep Grand Cherokee 4.0 litres pareillement tarifé.