Citroën SM - Plus qu'une voiture, un mythe

Elle fut l'une des icônes de l'industrie automobile française des années 1970, l'expression du savoir-faire technologique et stylistique de Citroën. Elle fut aussi la voiture du président Pompidou, de l'empereur d'Ethiopie Hailé Sélassié ou encore celle du dernier Shah d'Iran. La SM est plus qu'une voiture, c'est un mythe.

Contexte
Certes, Citroën possède déjà, à la fin des années 1960, une berline de luxe reconnue et appréciée de tous, la DS. Certes, cette dernière a de l'allure et du coffre mais Citroën cherche à aller encore plus loin, à séduire toujours plus la clientèle huppée. Citroën veut une GT à la française.
La marque aux chevrons va alors recevoir un petit coup de pouce du destin. Maserati, la célèbre firme italienne, ayant fait faillite, Citroën s'en porte acquéreur en 1968. ? Quand le malheur des uns fait le bonheur des autres… En effet, le constructeur français a enfin trouvé l'équipementier moteur idéal pour son nouveau projet.
Les premiers prototypes de SM sont dessinés et produits dès 1967. Maserati fournit un bloc V6 2.7 litres développant 192 ch à 6000 trs/min. Ce concept atteint déjà la vitesse de pointe de 220 km/h. Citroën tient presque sa GT. D'autres prototypes suivent au cours des années 1968 et 1969, avant qu'un projet définitif soit retenu.

Présentation
La SM est officiellement dévoilé lors du salon de Genève en mars 1970. Citroën frappe fort, tant par le style de sa nouvelle berline GT que par l'équipement intérieur très luxe et les innovations technologiques dont bénéficie la SM.
Longue de 4,89 m, large de 1,83 m et haute de 1,32 m, la SM a été dessinée par Robert Opron, à qui l'on devra quelques années plus tard la légendaire Renault Fuego. La ligne de la SM est vraiment surprenante dans la mesure où ses voies avant sont plus larges que ses voies arrière. Ce qui lui donne un effet dynamique redoutable et un surnom pour ses détracteurs, le " suppositoire ". A l'avant, la SM ne se dote pas d'une vraie calandre mais de phares abrités derrière une paroi en plexiglas qui court sur toute la longueur (même la plaque minéralogique sera sous verre).
A l'intérieur, c'est le grand luxe ! Cuir et finitions impeccables dont de l'habitacle de la SM l'un des plus luxueux et confortable de l'époque. Son confort, la SM le doit aussi à sa suspension hydropneumatique qui équipe toutes les Citroën haut de gamme (à vrai dire surtout la DS) depuis 1955.
Côté moteur, la SM reçoit le V6 Maserati 2.7 l alimenté par trois carburateurs double corps Weber et dont la puissance a été ramené à 170 ch à 5500 trs/min. Elle comprend part ailleurs de nombreuses innovations technologiques dont quatre freins à disques à commande et assistance hydraulique ou encore cette fameuse rampe de six projecteurs sous verrière dont la hauteur des deux intérieurs se règle automatiquement en fonction de débattement de la suspensions arrière, donc du profil de la route. En quelque sorte l'ancêtre du phare directionnel.
Ainsi parée, la SM connaît un certain succès d'estime à ses débuts en 1970. Mais dès l'année 1971, les ventes chutent brutalement. Citroën tente de sauver sa GT en la soumettant à quelques changements.

Evolutions
A la fin de l'année 1971, Citroën propose aux clients de la SM d'équiper leur voiture de jantes Michelin RR (pour Résine Renforcée) qui ne pèsent que 4,7 kg chacune. Un effort salutaire mais qui semble bien dérisoire face à la chute continue des ventes. La marque française décide alors de lancer une version de sa SM aux Etats-Unis.
Les Etats-Unis sont alors considérés comme le marché idéale pour ce type de véhicule. Puissante, imposante, elle a tout pour plaire de l'autre côté de l'Atlantique. Elle est même moins gourmande que ses concurrentes yankees, malgré ses 17 l/100 km en cycle mixte (20l/100 km en circulation urbaine !). Cette version US est dotée d'une boite automatique Bor Wagner et sa cylindrée est portée à 3 litres pour une puissance de 180 ch. Cette version automatique se sera commercialisée en France qu'en juillet 1973.
Sur le marché hexagonal, et dans une moindre mesure européen, la SM adopte à partir de 1972 un système d'injection électronique Bosch D-Jetronic qui permet à la puissance de passer de 170 ch à 178 ch. La vitesse maximale est alors chiffrée à 230 km/h. Au même moment, la SM reçoit le titre de " Voiture de l'année " par le magazine américain Motro Trend. Nous sommes en novembre 1972.

Mais les ventes de la SM ne décollent toujours pas, malgré les efforts de ses créateurs et producteurs. Citroën est dans le même temps en proie à de redoutables difficultés financières qui ne concernant pas seulement la SM mais tout le groupe. La marque aux chevrons fait faillite en 1974 et est rachetée par Peugeot la même année. Le Lion se débarrasse alors de la branche Maserati en mai 1975 et sonne le glas de la SM. Elle aura été vendue au total à 12.920 exemplaires entre 1970 et 1975. La Citroën SM demeure encore aujourd'hui comme l'une des plus belles réalisations e l'automobile française.

F. Grimpret

lundi avril 10, 6:00 PM

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