Espionnage industriel automobile - Le nerf de la guerre
vendredi juillet 18, 4:20 PM

L'affaire d'espionnage industriel/photos volées qui secoue en ce moment la profession journalistique nous rappelle combien les constructeurs tentent de protéger leurs secrets de fabrication.
Rappel des faits. En juillet 2007, Renault portait plainte contre X pour espionnage industriel à l'encontre de l'un de ses modèles (en l'occurrence ce qui pourrait être la future
Mégane III). Un an plus tard, le journaliste d'Auto Plus Bruno Thomas, ainsi qu'un employé de la firme française, ont été placés sous contrôle judiciaire pour avoir " volé " les photos en question et les avoir divulguées au public et donc, à la concurrence.
Car le problème se trouve bien ici. L'idée n'est pas pour nous de porter un quelconque jugement sur l'affaire en cours d'instruction mais de rappeler qu'effectivement, l'espionnage industriel est une réalité dans le milieu automobile.
Les précautions prises par les constructeurs dans ce domaine sont multiples. Que ce soit au Technocentre de Guyancourt (Renault) ou aux usines de Vélizy (
Peugeot), certaines parties sont strictement interdites aux visites et même à une partie du personnel non concerné par les projets en cours de réalisation. Par ailleurs, les constructeurs interdisent, dans les lieux sensibles, les téléphones portables avec fonction photo. Bref, tout est normalement mis en place pour que les fuites soient nulles. Preuve qu'aucun système n'est infaillible, les photos publiées dans le magazine Auto Plus ont causé du tort à Renault, selon les déclarations du constructeur, car ces photos montraient un projet en première phase de développement. Autant dire que la concurrence avait tout le temps de, soit préparer de son côté une contre-offensive (sachant que le secteur automobile est on ne peut plus concurrentiel) soit, pis, de copier le modèle en question. Quand on voit certains modèles construits en Chine, on voit bien que le plagiat en automobile existe.
En somme, l'affaire " Auto Plus " rappelle combien le secteur automobile est un champ sensible avec des enjeux économiques et technologiques vitaux. D'autant que l'automobile est à un tournant de son histoire, une phase durant laquelle, plus que l'esthétique des modèles, ce sont les avancées technologiques (et notamment d'un point de vue consommation) qui sont les nerfs de la guerre.
F. Grimpret