Biocarburants : la voie de garage ?

Rififi autour de l'utilisation des biocarburants à échelle massive. La Chambre des Communes britannique vient en effet de jeter un pavé dans la mare aux idées dominantes.

Ce rapport très sérieux de quarante pages met en doute la pertinence de l'utilisation massive et de tout pour l'E85, le biocarburant. Et cela à seulement quelques jours de la présentation par la Commission Européenne de son plan de réduction des gaz à effet de serre à l'horizon 2020, dans lequel, évidemment, les biocarburants ont une place prépondérante.

Ah ces Anglais ! Toujours là pour mettre leur grain de sel et exaspérer tout le monde. Toutefois, force est de constater que le rapport britannique a le (très grand) mérite de soulever et souligner officiellement une question que beaucoup se posent et que peu nombreux sont ceux à se risquer à prononcer tout haut.

Et si on s'était tous - gouvernement, constructeurs, public… - un peu précipité sur la question des biocarburants ?

Depuis quelques années en effet, les biocarburants sont perçus comme la voie royale vers l'automobile plus propre, plus citoyenne. L'E85 a en quelque sorte servi jusqu'ici plus à réhabiliter l'image de l'automobile qu'il n'a été réellement servi dans les stations services européennes. L'E85 aurait été considéré comme la potion magique du druide, le compromis idéal entre essence ordinaire et carburant végétal, le point de rencontre sublimé de la bête et de la belle.

Seulement voilà, nous ne sommes pas dans un film de Hugh Grant et tout n'est pas si rose. Le rapport des députés britanniques est à ce titre intéressant. Il souligne le fait que la production de matière végétale destinée à l'industrie des biocarburants n'est pas forcément le meilleur moyen de " sauver " l'agriculture européenne. Il démontre également - et à juste titre - que les biocarburants ne sont pas écolo à tout point de vue et que leur utilisation à une échelle de masse n'est pas garante d'une significative réduction des émissions polluantes.

Alors quoi ? L'E85 ne serait-il finalement qu'une solution par défaut ? Possible… Reste qu'aucune autre énergie dite alternative n'a pour le moment atteint un degré satisfaisant d'utilisation. L'hydrogène ? Pas encore très maniable. L'électricité ? On n'en sait pas vraiment où on en est (depuis le temps qu'on attend la BlueCar de Bolloré). L'air comprimé ? On voit bien en ce moment que beaucoup se pavanent devant la voiture à air comprimé. Seulement, c'est oublier que la production d'air comprimé nécessite énormément de carburant fossile. Et puis pour ce qui est de la Tata Nano, on aimerait bien la voir passer aux crash-tests EuroNcap, elle qui tire une grande partie de sa " force " commerciale et écologique de son poids plume (500 kg). Le solaire ? Idéaliste voire utopique. Seules semblent finalement s'en sortir les nouvelles générations de diesel type Bluetec Mercedes qui polluent moins que leurs prédécesseurs et qui semblent toujours évoluer dans la bonne direction. Mais tout le monde sait que le diesel, c'est comme le loup, ça n'a pas bonne presse.

Finalement, la filière " bio ", " green "… de l'automobile est dans le flou. Et c'est tout à fait normal. Nous sommes à un stade où tout doit être tenté sans que rien ne soit exclu. Plusieurs voies pour une seule vérité, celle de l'E85 ? Non, sans aucun doute. Reste également à tenir compte, dans ce flou, du rôle des différents lobbys qui tirent la couverture à eux histoire que leurs bas de laine ne prennent pas froid. La lutte finale ne fait que commencer…

F. Grimpret

mardi janvier 22, 4:07 PM

Vidéos Green

Carbon calculator

Calculer vos rejets annuels de CO2

Annonces automobile

Chargement