La Seconde Guerre mondiale a bouleversé le destin d'Alfa Roméo. Promise à la sportivité et au grand luxe, la marque italienne doit revoir ses plans à la fin du conflit. De cette réflexion obligée va naître la Giulietta Sprint.
1945 : année zéro
La Seconde Guerre mondiale a jeté l'Italie dans le chaos : politique, moral et économique. De ce point de vue, Alfa Roméo est, au sortir du conflit, au bord de la faillite. Avant guerre, le constructeur milanais rivalisait avec les plus grands d'Europe en matière de sportives, dominant allégrement les épreuves sur circuits. Mais il n'en est, en 1945, plus question.
Pour survivre, Alfa Roméo doit revoir sa politique commerciale et descendre en gamme. En 1952, l'idée d'une voiture moyenne et bon marché, à vocation familiale est lancée. Elle s'appellera quelques années plus tard Giulietta Sprint. " Sprint " parce que Alfa n'a pas abandonné ses ambitions sportives et veut bénéficier de l'image sportive que la marque véhicule encore.
Elégance intemporelle
La Giulietta est présentée pour la première fois en 1954 au salon de Turin. Très vite, elle inspire un grand enthousiasme de la part du public. La ligne qu'elle arbore est en effet remarquablement réussie. Ses proportions font d'elle une compacte mais elle ne manque pas d'élégance et de vélocité. Le côté sportif, si cher à Alfa, est présent avec des inserts chromés et cette calandre si… caractéristique et excitante, et qui annonce la Dolce Vita des années 1960.
A l'intérieur, l'élégance est de mise. Pour l'époque évidemment. Aujourd'hui, cet habitacle semblerait pour beaucoup un peu rustique et pourtant les finitions sont impeccables et le style toujours aussi glamour.
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Côté motorisation, la Giulietta Sprint accueille un 4 cylindres 1.3 l assez novateur puisqu'il possède une culasse et un bloc en aluminium. Il développe 65 ch pour une vitesse de pointe particulièrement appréciable pour l'époque, 160 km/h. Une performance que la Sprint doit notamment à son pois de 880 kg. Qui a dit qu'une familiale ne pouvait pas être aussi une sportive ?
La Giulietta connaît un succès commercial retentissant et Alfa en profite pour décliner la gamme, du moins pour multiplier les versions. Une année seulement après la commercialisation de la Sprint, la marque italienne présente la Giulietta Spider. Dessinée par Pininfarina, elle a été conçue sur la plate-forme de la Sprint. En 1956, une autre déclinaison de la Giulietta fait son apparition : la Veloce. Plus musclée que son aînée, elle adopte un bloc 1.3 l modifié qui développe 80 ch à 6500 trs/min et 180 km/h en vitesse maximale.
En 1959, Alfa revoit entièrement sa familiale sportive. Nouveau dessin des phares, nouvelle calandre et ajouts de clignoteurs latéraux. Le moteur, quant à lui, passe à 90 ch sur la Véloce et à 80 ch sur la Spider.
L'aura de la Giulietta grandit chaque année et malgré ses racines populaires (bien que sportives), elle attire le regard de riches amateurs de sportives italiennes. Aussi le préparateur Zagato est-il chargé de produire une version plus exclusive de la Giulietta, nommée SZ (pour Sprint Zagato). Celle-ci dévoile une silhouette résolument aérodynamique et s'équipe d'un moteur plus puissant.
La Sprint sera, sous toutes ses versions, produite jusqu'en 1965. Au total, près de 36.000 exemplaires auront été vendus. Alfa Roméo a grâce à elle retrouvé une solide santé financière et a réussi à concilier sportivité et accessibilité.
F. Grimpret
lundi mai 22, 1:03 PM
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