Renault 5 Alpine - La Super Car des années 1970

" Super Car ", c'était le petit nom que les publicitaires de chez Renault avaient donné à la R5 Alpine pour vanter ses mérites auprès du public. C'est en 1976 qu'elle fut commercialisée pour la première fois. Retour sur le mythe.
Une sportive pour un best-seller Avant de parler de la Renault 5 Alpine en elle-même, il faut d'abord revenir sur la version de série de la R5, sans laquelle la seconde n'aurait évidemment jamais existée. Si les premières études sur la R5 de série remontent au milieu des années 1960, il faut attendre l'année 1972 (le 28 janvier très exactement) pour sa présentation officielle. Et sa commercialisation dans la foulée.
Comme souvent à la naissance d'un mythe, la petite Renault ne reçoit pas un accueil très enthousiaste. Surtout de la part de la presse qui lui reproche son inadaptation au marché de l'époque. En effet, les reines de la catégorie se nomment alors Peugeot 104 et Simca 1100 qui sont… des cinq portes ! Or la petite dernière de la marque au losange est exclusivement proposée en trois portes. Première entorse que les frileux n'admettent pas facilement.
Et pourtant, la R5 connaît très vite un vif succès auprès du public et prend la tête des immatriculations en France dès 1974. Avec sa bouille bonne enfant, son gabarit passe partout et ses allures post baba cool, elle ira jusqu'à représenter 16% des ventes du marché national en 1980. Elle ne sera détrônée de son rang de voiture la plus vendue dans l'Hexagone qu'en 1982, par un autre mythe de l'automobile française, la Peugeot 205. Entre 1972 et 1983, il sera produit au total 4.598.863 R5 !
Mais voilà, si la Renault 5 est un best-seller comme il en existe peu, il lui manque cependant une version un peu plus sportive. Proposée au choix avec un bloc de 845 cm3 ou 956 cm3, la R5 n'atteint qu'un timide 120 km/h en vitesse de pointe (et il fallait cravacher pour les atteindre et ne pas avoir peur de s'envoler pour de bon). La Régie décide donc de corser le tempérament de sa 5.
Naissance de la Renault 5 Alpine Avant la R5 Alpine, Renault lance deux versions plus accrocheuses de la R5. La LS est lancée en avril 1974 avec un moteur de 1289 cm3 développant 67 ch qui lui permet d'atteindre les 155 km/h en vitesse maximale. C'est mieux mais pas assez aux goûts des dirigeants. Deuxième déclinaison, en mars 1975, la TS. Cette dernière ne bénéficie pas d'un surplus de puissance mais adopte un look beaucoup plus sportif avec notamment des sièges à appuis-tête intégrés qui annoncent les sièges baquets à venir.
Renault compte d'autant plus sur une version sport de sa R5 que la maison de Boulogne-Billancourt cherche à remplacer la Renault 12 Gordini. Depuis 1971, Renault a racheté une forte participation dans la société Alpine et charge cette dernière de donner à la 5 les habits sportifs qu'elle mérite. L'ère Gordini est bel et bien terminée, sauf en Angleterre, où les choses ne se passent jamais comme ailleurs. En effet, le nom Alpine n'est pas sur le territoire anglais la propriété de Renault mais celle du groupe British Leyland. Aussi la Renault 5 Alpine, présentée officiellement en mars 1976, sera-t-elle nommée en Angleterre Renault 5 Gordini.
Présentation du phénomène A l'origine, il était envisagé d'équiper la R5 de série d'un bloc de 1600 cm3 pour faire d'elle une sportive. Mais le petit gabarit (3,53 mètres de long) de la 5 oblige ingénieurs et techniciens à se contenter du 1397 cm3. Celui-ci développe tout de même 93 ch et les performances de la R5 Alpine sont plus que respectables pour l'époque : 170 km/h en vitesse de pointe et 33 secondes pour un kilomètre départ arrêté ! Dotée d'une boite de vitesses à cinq rapports, la R5 Alpine prend également de nouveaux habits.
Un nouveau bouclier avant monobloc en polyuréthane est intégré, ainsi que des jantes en tôle à large déport et un sigle " A5 " collé sur les flancs et le capot. A l'intérieur, les fameux sièges intégraux (en fait à appuis-tête incorporés) font leur apparition, de même que le désormais mythique volant à trois branches en cuir.
Côté conduite, on reconnaîtra toujours à l'A5 un tempérament de feu et une générosité sans faille. Mais sa direction est jugée trop lourde et sa tenue de route parfois oisive. Elle n'en reste pas moins une référence durant plusieurs années dans le segment des petites sportives. En 1982, Renault décide de lui greffer un turbo. La R5 Alpine Turbo est née, elle développe désormais 110 ch pour une vitesse de pointe de 190 km/h. Mais c'est déjà une autre histoire…
F. Grimpret
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