Alfa 159 Sportwagon 1.9 JTDm 150 : le break de braise
La très glamour Alfa 159 se décline dans une version break Sportwagon qui séduit davantage par ses formes et son regard que par sa logeabilité, en accusant quelques petits kilos en trop qui pénalisent ses motorisations.
PresentationŒuvre du coup de crayon magistral de Giorgetto Giugiaro, le style de l'aguichante berline 159 est à nouveau le plus bel argument de sa déclinaison Sportwagon. Et si les dimensions en forte hausse de la 159 face à la 156 ont logiquement accru son volume utile, sa soute étriquée situe toujours ce break parmi les esthètes que l'on choisit pour leur joli minois. Une formule qui réussit à
Alfa Romeo puisque 45% des 156 ont été vendues en version Sportwagon, un chiffre que la marque vise à égaler avec sa remplaçante. Face à elle, la rivale
Peugeot 407 SW dont les objectifs étaient proches ne réalise que 30% du total des ventes de 407. Plus longue de 22,5 cm que celle qu'elle remplace et 8,5 cm plus large, l'Italienne conserve un style trapu et dynamique grâce à son porte-à-faux arrière inchangé, quand d'autres s'allongent pour embarquer plus. Il s'associe à une face avant aux triples optiques fascinantes et à un pavillon plongeant vers l'arrière, l'ensemble conférant à l'Alfa un look punchy en rupture totale avec l'esprit originel des breaks utilitaires.
InterieurFidèle à celui de la berline, l'habitacle de ce modèle fait preuve de bon goût, même si les tons crèmes omniprésents de notre habitacle sonnaient un peu exotiques. De bonne facture mais ferme, la sellerie cuir assure un maintien correct, et les matériaux et la finition font très bonne impression, du moins tant que l'on ne s'attarde pas trop dans la partie basse de la planche de bord. La place à l'arrière fait défaut en revanche, surtout au niveau des genoux qui tutoieront copieusement les dossiers des sièges avant. Quant au volume du coffre, il offre enfin le volume qui faisait défaut à celui de sa devancière, soit 455 litres, c'est presque 100 litres de gagnés. Banquette rabattue, il atteint 1 235 litres, encore 55 de mieux et 50 litres de plus qu'une
Audi A4 Avant, mais on reste à 130 litres de celui d'une 407 SW (1 365 litres) déjà fort peu logeable. Enfin la banquette est rabattable 2/3-1/3 de série mais ne se replie pas suffisamment pour présenter un plancher plat.
MoteurLa diva s'arme de 3 motorisations essence 4 et 6 cylindres de 160 à 260 ch (bientôt rejoints par un nouveau 1.8 MPI 140 ch), et de 3 turbodiesel. Ces derniers se composent du 1.9 JTD en 120 ou 150 ch et d'un 5 cylindres 2.4 JTD 200 ch. Cœur de gamme, le 1.9 diesel 150 ch de notre modèle (déjà présent sur la 156) sera le choix minimum pour coller un temps soit peu au style dynamique de l'auto. Mais ses 230 kg de plus que la 156 Sportwagon à motorisation identique ternissent le tableau et au final grèvent les sensations. La vitesse maxi se fixe selon Alfa à
208 km/h alors que le 0 à 100 km/h réclame 9,6s (11,2s en 1.9 JTD 120 et 190 km/h). Pour sa part, la consommation mixte s'établit à un brillant 6,1 l/100 km (chiffre constructeur). Pour plus de répondant, le 5 cylindres JTD de 200 ch s'imposera (83 ch au litre et des performances proches d'une BMW 530d), d'autant qu'il s'accompagne d'une sonorité très plaisante et d'un appétit mesuré : 7 l/100 km en conduite mixte selon la marque milanaise, valeur qui n'excédera pas 9 litres à l'usage.
Sur la routeC'est sur le plan dynamique que la 159 Sportwagon épate le plus et en particulier sur parcours sinueux, ce break disposant comme la berline d'un châssis de pointe, bluffant d'efficacité. La direction à la précision chirurgicale est très directe, et s'associe à un train avant au mordant remarquable. L'arrière suit docilement la cadence et confirme le caractère rassurant de l'auto tandis que le confort général est en progrès. La Milanaise, c'est clair, fait parti de l'élite en terme de comportement.
BilanAffichant une sacré personnalité, un comportement hors pair mais un agrément mécanique discutable, l'Alfa 159 Sportwagon se place comme sa devancière en séductrice très sexy, mettant entre parenthèses les instincts basiques des breaks classiques. Ses tarifs débutent à 25 650 euros (en essence 1.8 MPI 140 ch) et à 28 200 euros en 1.9 JTD 150 ch. Elle se positionne ainsi à mi-chemin entre une Peugeot 407 SW HDI 136 ch (25 300 euros) et une Audi A4 Avant (30 640 euros) à motorisations équivalentes. Un positionnement personnel auquel cette diva pouvait bien prétendre.
Défauts
-Poids trop élevé -Performances en baisse -Prix en hausse
Qualités
-Ligne très séduisante -Présentation intérieure -Plaisir de conduite -Coffre en progrès
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