
Collection : ALFA ROMEO Alfetta GT-GTV : >GTV 6 : Prise en mains
lundi 7 novembre 2005, 18h07
Chez
Alfa Romeo, on sait depuis longtemps faire "chanter" les moteurs dans les tours. Avant tout autre critère, le coupé Alfetta se définit par sa "musique". Surtout la version GTV 6 dont la symphonie mécanique fait aisément oublier les menus défauts de l'espèce...
Trente ans après ses débuts (à quelques mois près), le coupé Alfetta mérite un nouveau regard. Si l'on retrouve un peu du profil de la Lotus Esprit dans cette Alfa des "temps modernes", sa ligne en flèche demeure encore assez exclusive pour faire parler. De fait, ce dessin ne manque pas de personnalité. S'il "date" un peu la voiture, il attire toujours l'oeil et suscite bien des commentaires.
A l'intérieur, l'ambiance reste dans le même registre “ seventies ”. Oublions la finition très perfectible de l'habitacle, sa décoration très "synthétique", le design quelconque de sa planche de bord pour mieux nous occuper de l'essentiel. En d'autres termes, de ce fameux V6 qui n'attend qu'un coup de démarreur pour s'envoler dans les tours (s'il est froid, on attendra tout de même un peu avant d'affoler le compte-tours...). A bien des égards, on peut d'ailleurs regretter que ce très beau moteur n'ait pas inauguré sa prolifique carrière sous le capot du premier coupé Alfetta, quitte à retarder un peu la mise en route de cette série (le coupé Giulia aurait pu faire l'affaire quelques années de plus). On peut même considérer qu'Alfa Romeo a franchement raté le lancement de son V6 en le réservant initialement à la très fade berline Alfa 6.
Sous le capot de l'Alfetta GTV, ce moteur apparaît beaucoup plus à sa place. Et lui apporte tout ce qui fait d'elle la digne descendante des grandes Alfa Romeo de notre après-guerre: la puissance, le couple et la race. Au début des années 80, la GTV 6 trouvait ainsi place parmi les coupés 2+2 européens les plus brillants du moment. On peut même considérer qu'elle reste l'une des meilleures Alfa Romeo de ces 20 dernières années. Même l'actuel coupé GTV ne lui a pas fait beaucoup d'ombre et c'est tout dire. Quand on prend les commandes de cette Alfetta du "deuxième type", le moteur vous "envahit" d'emblée par sa présence, son coffre et son timbre. Avec 160 chevaux affichés, cette Alfa n'est assurément pas aseptisée. Vivante, exigeante, rétive parfois, elle garantit un plaisir authentique à ceux qui savent s'en servir. Sa direction dure, son train avant un peu “paresseux“ et sa boîte toujours aussi lente ne sont certes plus d'actualité. Mais aujourd'hui, ces défauts sont devenus autant de "traits de caractère". Il est pour le moins regrettable que la firme n'ait pas souhaité faire évoluer "l'espèce". Laquelle aurait sans doute pu traverser une bonne partie des années 90 sans déchoir moyennant une finition plus convaincante, une servo-direction plus précise, une transmission plus efficace et un amortissement plus évolué. Bien peu de choses, en somme. Telle quelle, la GTV 6 a déjà beaucoup à offrir. Et c'est cette générosité qui attise les passions dont elle est l'objet depuis ses débuts.<
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