Essai Infiniti M35h

Infiniti tente de conjuguer élégance, sportivité et efficience. Un pari risqué ? Peut-être pas ...

Récemment à la direction de Renault, on songeait encore grâce à l’alliance nouée avec Mercedes à proposer un véhicule, non pas haut de gamme, mais Premium pour le segment du luxe. Entendez par là que l’auto aurait du se frotter aux autres Audi A7 & A8, BMW Série 6 et 7 ou Mercedes Classe E & S.

Mais à rêver trop fort, on s’est réveillé et on s’est dit que le pari était peut-être un peu risqué … Surtout que Renault revient, parallèlement, sur le marché de la « vraie » sportive avec l’arrivée prochaine de la nouvelle Alpine.

Alors, le segment supérieur de la gamme française est un peu vide. Entre un Espace qui s’essouffle et qui tarde à être renouvelé, une Latitude qui comble un manque comme elle peut (c’est en fait une Samsung re-badgée), on ne peut pas dire qu’il y ait vraiment de descendantes aux R25, R30 et autres anciennes gloires du losange.

Impossible de rouler dans une berline luxueuse au sang un peu français ? Peut-être pas ! En fouillant dans les immenses méandres du groupe Renault – Nissan, on tombe sur Infiniti. Marque très réputée aux Etats-Unis ou en Asie, elle est quasi anonyme aujourd’hui en Europe. Infiniti a des ambitions fortes pour ce marché, nous prenons aujourd’hui le volant de la nouvelle M35h.



Design : zen, élégance, sportivité


Difficile de réussir un tel mélange. Les designers s’y sont pourtant attaqués avec une réussite certaine. Sans tomber dans la caricature de la berline allemande sur-agressive, cette Infiniti joue de ses lignes distinguées.

On retrouve toujours les rondeurs typiques des autos japonaises mais le style est désormais étiré vers l’avant et l’arrière. Le profil devient plus dynamique.

La face avant est très marquée.  D’abord par la large calandre qui s’assure qu’on ne puisse la prendre pour une autre, ensuite par les sourcils formés par les ailes au dessus des optiques.

A l’intérieur, c’est la même idée. Rien qui ne puisse agresser l’œil, tout y est fait pour flatter la rétine. Le résultat, c’est qu’on s’y sent particulièrement bien. On salue l’extrême confort proposé par les fauteuils. Tellement moelleux que je veux les même dans mon salon.

Performances : une main de fer dans un gant de velours.


Cette formule lui sied à merveille. En mode éco, l’Infiniti M35h prend soin de ne pas fâcher dame nature en émettant un minimum de CO2 et en ne consommant que le stricte nécessaire. C’est pourtant une performance rare à laquelle on assiste en se rendant au travail chaque matin.

Consommer à peu près 8l de moyenne pour 100 km avec une voiture essence qui dispose de 306 ch avec son V6 3.5l, ce n’est pas commun. Tout cela est rendu possible par le moteur électrique de 68 ch qui vient abaisser les consommations dès que possible. La puissance cumulée de l'attelage dépasse les 364 ch* ... (* 364 car pour la puissance maxi, le moteur électrique ne développe pas la totalité de sa capacité)

Le mode éco force son rendement. Ainsi, il est plus aisé d’accélérer sans enclencher le moteur thermique sur ce mode. On monte ainsi facilement à 70 km/h sans émettre un seul bruit et sans consommer une goutte de pétrole.

C’est sur ce mode que l’on obtient la moyenne la plus basse. En mode normale, le côté hybride se fait moins sentir mais reste présent pour permettre à l’auto de s’élancer. A notre goût, le système se coupe trop vite et le moteur thermique se met assez vite en route.

En mode sport, la M35H étale sa fougue. 5,5s pour le 0 à 100 km/h, c’est mieux qu’une Porsche Panamera Hybride (-0,5s) ! Mais, Porsche n’a pas dit son dernier mot, on en reparle bientôt. La Vmax est limitée à 250 km/h.

C’est bien entendu une propulsion, ce qui peut rendre la conduite sauvage. La poupe se laisse parfois aller à danser un peu la salsa quand la cavalerie arrive. En plus d’être belle, elle possède du caractère.

Heureusement, le segment hybride premium sait se passer des boîtes CVT trop lentes. Ici, c’est une transmission automatique à 7 rapports reliée directement au moteur électrique via un embrayage à bain d'huile. Un second embrayage (sec) permet d'accoupler le bloc thermique à l'électrique.

La tenue de route est sans faille. Il faut composer avec un peu plus de mouvements de caisse que sur une berline allemande. En contre partie, le confort est royal ! La route est littéralement effacée, ne reste que cette sensation de voler au dessus.  Il ne manque que la possibilité de faire varier la fermeté des suspensions avec un amortissement magnétique pour les différents usages pour dire qu’elle est parfaite.

Conclusion : luxe franco-japonais


Ses racines sont japonaises mais son appartenance à un groupe français fait d’elle notre meilleure représentante. Les plus grincheux attendront peut-être qu’elle gagne un losange pour l’acheter. Mais celà n'arrivera jamais. Les autres, soucieux de bénéficier du meilleur de la technologie, se presseront dans une des encore trop rares concessions Infiniti pour l’étudier de plus près.

Disponible à partir de 51 490 euros avec des motorisations variées : V6 diesel, essence ou hybride, cette « M » se donne les chances de réussir. A vous d’y croire si vous avez le privilège de pouvoir investir une telle somme d'argent dans une voiture.

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