Lamborghini peut actuellement compter sur deux lignées de taureaux de combat pour mener sa lutte face aux meilleures sportives du monde. La grande Aventador d'une part, la « petite » Gallardo d'autre part qui demeure la plus efficace pour affoler le chrono sur un circuit dans ses versions les plus extrêmes. Une Gallardo apparue en l'an 2002 puis modifiée en 2008 qui commence doucement à prendre de la bouteille et qui multiplie les séries limitées depuis quelques années.
Cette dernière LP570-4 Super Trofeo Stradale constitue en quelque sorte un baroud d'honneur avant l'arrivée d'une toute nouvelle génération de modèle l'année prochaine. La bonne nouvelle, c'est que l'âge n'a vraiment aucun effet sur ses remarquables aptitudes à griser son conducteur.
Circuit ouvert
Il vous faudra plus de temps pour prononcer son nom en entier que pour atteindre la vitesse de 100 km/h en partant de l'arrêt total à son volant (3,4 secondes). Ce patronyme d'une longueur record fait référence à un championnat organisé par Lamborghini chaque année depuis cinq ans, réservé à des Gentlemen Drivers qui se livrent une lutte acharnée sur les plus beaux circuits du monde au volant de Gallardo de course.
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Du championnat Super Trofeo, cette Gallardo ultime en conserve donc le nom et la philosophie. Elle reprend la base technique d'une LP570-4 Superleggera, version de route la plus performante de la Gallardo. Mais sa présentation devient encore plus radicale avec un énorme aileron fixe installé à l'arrière, de vrais sièges « course » à harnais et un niveau d'équipement réduit à sa plus simple expression. C'est la Gallardo parfaite pour passer ses week-ends sur un circuit où ses performances la rendront difficile à suivre, même pour les supercars les plus puissantes du monde.
Dire que cette philosophie agressive transparaît sur son look est un euphémisme. De manière générale, une Lambo reste l'un des objets les plus marquants qu'il est possible de croiser dans la route et cette Super Trofeo Stradale -disons « STS » pour gagner du temps- colle une grosse claque visuelle à tous ses observateurs. Certains trouveront peut-être qu'elle en fait un peu trop avec sa grosse lame en fibre de carbone sur le coffre, il n’empêche que cet engin possède une gueule stupéfiante. Le style est toujours aussi vif et acéré mais la dose de méchanceté supplémentaire lui va comme un gant (de course). Cette ligne assez pure et pourtant si caractérielle reste l'une des plus intéressantes de sa catégorie face à la relative sobriété d'une McLaren MP4-12C ou aux courbes sophistiquées d'une Ferrari 458 Italia.
Un poste de pilotage
Le démarrage du moteur via une simple clé renforce encore le niveau d'excitation à bord. Derrière vous, un V10 se réveille dans un petit grognement caractéristique. Attention, ce moteur reste l'un des plus cool de la planète par sa rage, ses capacités et surtout sa sonorité qui vous dressera tous les poils à chaque grosse accélération. 570 chevaux oui, mais sans turbo et jusqu'à 8000 tours/minute avec un son qui tue. Rouge d'énervement mais aussi de plaisir, la STS.
Parfois vivable
Mais revenons maintenant au but premier de l'auto en passant la transmission en mode Corsa, si possible sur une route sans circulation. Cette fois, il faut attraper les petites palettes au volant dont l'ergonomie est moins bonne que sur une Nissan GT-R, une McLaren MP4-12C ou une Aston Martin Virage. La rapidité de passage des rapports est en retrait par rapport aux meilleures du genre (MP4-12C et GT-R), rien de surprenant puisque la boîte demeure une simple embrayage là où ses nouvelles concurrentes disposent d'une double embrayage dernier cri. Qu'importe : non seulement la boite de cette Gallardo reste dans l'absolu suffisamment rapide en conduite dynamique, mais son fonctionnent est en totale adéquation avec l'image qu'on se fait d'une Lambo méchante : brutale, très brutale même.
Rouge comme l’ivresse
Difficile d'illustrer précisément ce que cette Super Trofeo Stradale est capable d'apporter en terme de sensations à son conducteur. Légère (1340 kilos), dépassée en terme de technologie de boite de vitesses et d'une conception relativement ancienne, elle semble pourtant capable de rouler aussi fort à l'attaque sur route ou sur circuit que les dernières arrivées dans la catégorie. Mais l'essentiel n'est même pas là. Non, l'essentiel c'est tout ce qui n'est pas quantifiable ou mesurable sur cette auto. Aujourd'hui, une McLaren MP4-12C est capable de faire beaucoup plus de bruit à l'intérieur grâce à un très sophistiqué circuit sonore qui diffuse carrément le son de son moteur dans l'habitacle par les hauts parleurs. Mais nous, on trouve que c'est presque de la triche. Dans la Lambo, non seulement le son est plus beau mais il ne s'exprime que par les échappements. Efficace, la STS est naturellement violente. On n'a jamais vu de dinosaure aussi en forme dans la catégorie et on se dit que la prochaine remplaçante de la Gallardo aura fort à faire pour rester aussi excitante à utiliser.
L'addition dans le rouge
Si vous succombez à la tentation de jouer avec ses capacités hors normes, vous serez fatalement plus proches des 30 litres/100 km comme chez ses concurrentes. Reste le budget pièces. Là aussi si vous décidez d'exploiter à 100% l'auto sur circuit le week-end, il faudra compter avec le prix des pneus à changer (plus de 500 euros pour un seul pneu) voir même des freins en cas d'utilisation très intensive sur la piste. Et avec des freins en carbone céramique, la facture peut faire très mal. En résumé il n'y a donc pas de secret : pour rouler en supercar, mieux vaut être riche et bien portant que pauvre et mal foutu !
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