Dans les années 80, Peugeot frappait un grand coup avec son sacré numéro, la 205. 1984 sera une année phare pour ce modèle avec le lancement de la version GTi. Un modèle qui sera écoulé à plus de 298 000 exemplaires à travers l’Europe dans ses différentes versions : 1.6l, 1.9l et CTi (cabriolet).
Mais en 1993 tout prend fin. Peugeot prépare la relève avec la 206. Si cette dernière, tout comme la 207 aura sa version sportive baptisée RC, Peugeot fait une croix sur la plus célèbre des appellations pour ses modèles sportifs. Une erreur que la marque au Lion n’entend pas reproduire avec sa 208 qui récupère, elle, le badge de légende formé par les trois lettres G.T.I.
Mais si la 205 du même nom a marqué plusieurs générations, c’était bien pour son look et ses performances. La 208 est-elle une digne héritière ou bien un simple outil de marketing comme l’est la 308 GTi ? Réponse, tout de suite avec l’essai de cette petite bombinette.
Design : déguisement de sportive
La 208 bénéficie de nombreux éléments esthétiques caractéristiques. Là où Renault joue au jeu des 7 différences pour une Clio normale et celle badgée RS, cette 208 reçoit de nombreuses modifications.
Calandre, ailes élargies, becquet de toit, boucliers avant et arrière, bas de caisse, dessin des feux, jantes spécifiques, étriers de freins rouges, enjoliveurs de custode arrière badgés GTi rappelant ceux de la 205, etc, etc … Bel effort de la marque française pour offrir une vraie tenue de sportive à sa 208. Mais ce n’est pas tout ! La personnalisation se poursuit à l’intérieur.
Les touches de rouges sur les ceintures, volant, pommeau de vitesse ou encore sur la console centrale achève de vous plonger dans une ambiance délicieusement sportive. Les fauteuils maintiennent parfaitement et jouent la carte délicieusement rétro de reprendre les coloris et matières de 205 GTi mis aux standards actuels.
Performances
Sur le papier, le moteur 1.6l THP de 200 ch et d’un couple de 275 NM a tout pour plaire. Surtout que Peugeot a retravaillé la sonorité de l’échappement. Avec à peine plus de 1160 kg, la 208 GTi est à ranger dans le clan des sportives « légères ». Elle est par exemple presque 200 kg plus légère que la Clio RS.
On est donc peu étonné à la lecture de la fiche technique de découvrir que le 0 à 100 est expédié en 6,8 secondes.
Dans les faits, la 208 GTi est un petit peu creuse dans la partie basse du compte-tours. Sur le même exercice du 0 à 100, la Clio RS est 0,8s plus rapide. Mais ce creux se fait oublier par la suite. Dans la partie haute du compte-tours, la 208 GTi bénéficie de la petite étincelle, ce côté pointu que l’on aime retrouver chez les GTI, ce qui fait leur âme.
Sur route, la direction n’est peut-être pas assez directe. En revanche, le train avant profite d’une très bonne motricité et d’une belle précision. Les suspensions sont à l’anglaise, parfaitement équilibrées pour un usage routier. 208 GTi ne subit pas les bosses, conserve sa trajectoire comme une Lotus ! La contrepartie, c’est que dans le roulant très rapide, elle prend un peu de roulis. Mais là, elle peut compter sur son train avant digne d’une Peugeot. Neutre, s’agrippant à l’asphalte, la 208 GTi taille sa route y compris sur des routes particulièrement mouillées.
Le plaisir de conduite est bien présent même si, au final, elle ne se montre pas aussi hargneuse que son aînée. Les temps changent, les autos deviennent plus efficaces et plus « confortables ». Heureusement, on vous l’a dit, cette GTi a su conserver un peu de gnac.
Conclusion : une GTi, une vraie
On se souvient encore de la déception qui nous avait envahis quand nous avions essayé la 308 GTi. Edulcorant de sportivité, cette 308 ne méritait pas de porter le badge GTi. Cette 208 redore le blason et du coup se transforme en joli collector qu’il faut posséder dans son garage à côté d’une 205 du même nom.
Pour les autres, cette GTi sera tout à fait envisageable au quotidien. C’est d’abord un bel objet et en plus elle est performante. La bagarre s’annonce rude sur le marché face aux traditionnels fashionitas comme la Mini Cooper ou même la petite Audi A1. Mais cette française n’a rien à envier aux premiums du segment, bien au contraire … même si on sait que sa principale concurrente sera bien française : la Clio RS ( voir vidéo essai Clio RS).Prix : à partir de 24 500 euros.










