Essentiellement limitée à des professionnels qui ne peuvent pas se passer d'un véhicule équipé d'une benne pour leur travail, la catégorie est pourtant très concurrentielle en France. Nissan et Toyota y sont présents depuis longtemps avec le Navara et le Hilux, qui se disputent avec le Mitsubishi L200 la tête des ventes. Isuzu y réalise des scores surprenants avec son D Max et Ford vient de lancer son tout nouveau Ranger.
Chez Volkswagen aussi, on a récemment décidé de se mettre au pick-up. Conçu comme un véhicule global destiné à être vendu un peu partout dans le monde, l'Amarok a débarqué chez nous il y a deux ans. Il y a quelques mois, il s'est équipé d'une nouvelle version combinant une boite automatique à huit rapports et un bloc TDI de 180 chevaux, représentant le nouveau haut de gamme pour le modèle.
Beau comme un camion
L'Amarok est conçu comme un pur utilitaire équipé d'une benne mais comme le Ford Ranger ou le Nissan Navara, il peut faire de gros efforts de présentation et soigner son look de près. Notre version double cabine en finition Trendline possède une belle gueule de gros pick-up à l'américaine. On retrouve l'ADN Volkswagen sur cette face avant équipée d'une grosse calandre horizontale, les boucliers sont assez travaillés et les nombreux éléments en chrome (arceau extérieur, pare-choc arrière) finiront de séduire le fan du genre. Parmi ces pick-ups nouvelle génération, il n'y a que le dernier Ford Ranger qui semble capable de lui donner la réplique question look.
A l'intérieur aussi, l'Amarok fait quelques efforts pour sortir du simple cadre utilitaire. N'imaginez pas autre chose que du plastique dur (mais robuste) sur la planche de bord et les portes, ni des matériaux de luxe comme dans une berline bien équipée. Mais le dessin général de la planche de bord nous surprend agréablement. Personnellement, j'aurais même le culot de le trouver plus réussi que dans une Golf, toutes considérations sur la qualité de finition mises à part. L'habitacle reste forcément moins agréable à vivre que dans une berline compacte ou un SUV que ce soit au niveau du confort des sièges ou de l'ambiance générale, mais l'Amarok se montre très vivable. En version double cabine quatre portes, il possède cinq places comme la plupart de ses concurrents directs. Sur les finitions hautes, son équipement peut se rapprocher de celui d'une vraie berline.
Volkswagen a donc offert à l'Amarok une boite de vitesses ZF à huit rapports très sophistiquée. Coté confort d'utilisation, cette option est idéale. Idéale pour circuler en ville, mais aussi très agréable pour s'aventurer sur route comme dans notre parcours d'essai dans le sud du Maroc. Les à-coups sont très légers, la réactivité est excellente. Coté comportement dynamique, l'Amarok reste civilisé sans faire de miracles : si vous pensiez avoir affaire à un simple engin de chantier, vous serez agréablement surpris par ses aptitudes routières honorables. Si au contraire vous imaginiez qu'un pick-up utilitaire pouvait se montrer aussi efficace qu'un SUV urbain, vous déchanterez vite.De par son architecture de bête de somme (les ressorts à lames arrières sont incontournables dans la catégorie pour autoriser la plus grande charge utile possible), un pick-up de ce genre n'aime pas rouler trop vite. Dès que le rythme s’accélère, le roulis devient gênant et la raideur des suspensions arrières vous invite à calmer le jeu. Coté performances, le TDI 2,0 litres, ses 180 chevaux et ses 420 Nm de couple font tout leur possible pour mouvoir avec vigueur les deux tonnes de l'engin. L'ensemble moteur / boite est excellent et sans être un foudre de guerre, l'auto peut se jouer de toutes les situations.
Et lorsque le terrain se gâte vraiment ? Là aussi, l'Amarok s'en sort honorablement que ce soit sur un parcours de franchissement raisonnable ou dans de petites dunes. En revanche, les plus gros baroudeurs devront se contenter des versions à boite manuelle puisque cette variante automatique ne possède pas de boite courte, mode de transmission le plus efficace lorsqu'il s'agit d'affronter les pires ornières possibles.
Chère polyvalence
A près de 40 000 euros (37 250 euros en finition intermédiaire Trendline), l'Amarok TDI 180 reste très légèrement plus cher que ses concurrents à motorisation et équipement égaux. Le bénéfice apporté par la nouvelle boite automatique est réel et sa polyvalence est remarquable. Si vous faites partie des allergiques à ce genre de gros pick-up, dites-vous qu'il demeure un outil obligatoire pour un bon nombre de professionnels (viticulteurs, artisans, prestataires sports et loisirs...). Pour ces derniers, le choix d'une version aussi haut de gamme paraît rationnel en admettant que l'auto serve à la fois au travail la semaine et aux loisirs du week-end. Sinon, mieux vaut se contenter d'une variante plus utilitaire et plus abordable. La gamme Amarok débute à 26 990 euros.
Par rapport à la plupart de ses concurrents, l'Amarok profite d'une conception plus récente et d'un style soigné. Est-il objectivement meilleur que les autres ? Pour le savoir, il faudrait le confronter directement à un autre challenger très ambitieux, le dernier Ford Ranger qui présente lui aussi un physique imposant et une conception très récente.

















