Essai Aston Martin V8 Vantage (vidéo) : au sommet de son art

L'Angleterre cache en son sein quelques marques de renom de l'automobile. Aujourd'hui, nous prenons le volant d'un de ses joyaux. Peut-être celle qui réunit le mieux toutes les valeurs anglaises, j'ai nommé l'Aston Martin V8 Vantage.

Après Porsche et l'essai de la 911 Carrera S, Ferrari avec l'essai de la California 30, voici une nouvelle virée fantastique en Aston Martin. Pour commencer nos trois jours en terre anglaise, un petit crachin finissait de nous verser dans l'ambiance.

Anecdotique ? Pas tant que ça. Cette météo, qui aurait pu apparaître maussade, a révélé l'extase de conduire une telle voiture et surtout le fantastique niveau de cette nouvelle V8 Vantage, version 2012.




Design : de loin comme de près, c'est une Aston !

Mais laquelle ? De la généreuse gamme V12 à la petite Vantage V8, ces anglaises sont aussitôt identifiées comme étant une Aston, après c'est plus compliqué pour les non initiés de faire la différences.

Il faut dire que le style est là depuis presque 20 ans. Déposé par la BD7 en 1994, cette ligne s'est ensuite modernisée avec l'arrivée de la DB9 dans les années 2000.

Depuis la silhouette est la même, simplement remise au goût du jour en fonction des modes qui passent (comme les feux à leds) mais l'Aston reste !

 

Aston Martin V8 Vantage 2012Aston Martin V8 Vantage 2012

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Finalement, on sait que l'on est face à la petite par le gabarit. Moins longue que les V12, cette V8 Vantage profite d'un bel équilibre entre le long museau avant et le porte à faux arrière réduit au maximum.

Les hanches sont aussi très généreuses pour abriter les voies très larges à l'arrière qui doivent passer la puissance au sol.

On ne s’assoit pas dans une Aston, on se laisse tomber dedans ! Les sièges au maintien parfait sont au ras du sol. Une fois dedans, on a l'impression d'être assis sur les roues arrières et d'avoir les jambes allongées. L'excellente position de conduite se règle au millimètre avec par exemple un double réglage du soutien lombaire.

Le gentleman driver est parfaitement installé et avant de glisser la clé pour libérer les chevaux, il se délecte, pendant quelques instants suspendus dans le temps, de la qualité des matériaux utilisés pour constituer le cocon qui l'entoure.

Ce n'est qu'un détail mais cela illustre bien ce label « hand built » ou « fabriqué à la main », la patte de fixation du pare-soleil en aluminium est taillée dans la masse, de l'orfèvrerie !
 

Aston Martin V8 Vantage Aston Martin V8 Vantage
 

Drivers, start your engine

C'est peu ou prou ce qui est indiqué sur le logement de la clé. Une fois cette dernière insérée, il convient de ré-appuyer dessus une fois pour réveiller les huit cylindres qui laissent échapper un vroap magistral.

8 anges qui constituent un orchestre.

Deux rangées de quatre cylindres disposées en V, voilà pour la mécanique qui est un V8 de 4,7L pour 426 ch. Après la Ferrari California, le râle de ce moteur est plus typé américain que Castafiore.

On a d'abord des trompettes puis des orgues accompagnés sur la fin de tambours. Ce bruit anglais est dans le massif mais aussi et surtout très expressif.

Ne tombez jamais un rapport dans un tunnel, vous effrayerez alors le paisible monospace qui sommeille sur la voie de gauche … Cet échappement retravaillé participe à l'ambiance et surtout permet d'apprécier cette Aston même sans aller vite.

Ainsi quel plaisir de la mener entre 90 et 120 km/h sur des routes qui vont (qui lui vont??) bien ! Parfaitement secondé ici par la boîte mécanique à 6 rapports, le V8 relance quelque soit le régime. Ainsi équipée, cette V8 Vantage est la reine du réseau secondaire, fuyez et bannissez les autoroutes.

A partir de 4 000 trs, scotchez le smartphone avant qu'il ne se retrouve par terre, à 6 000 trs, vous êtes écrasé au fond du fauteuil, ouf la barre des 7 500 arrive, le rupteur coupe à 7 800 il est temps de passer un rapport … pour gagner un nouveau tour de manège !

Les boîtes robotisées ont pour elles l'efficacité, les boîtes manuelles ont ce rapport direct avec la mécanique. Et quand on sue sang et eau pour garder ce fauve sur la route, lâcher le volant de la main droite revient toujours à un moment de bravoure que l'on est fier d'avoir réussi.

Car si elle n'affiche pas le curriculum vitae le plus impressionnant au niveau des aides électroniques, cette V8 Vantage arrive en bout de développement et ça se sent.

Accord et réglages parfaits des suspensions, comme toute anglaise qui se respecte cette Vantage est faite pour aller vite sur route.

Ainsi mis en confiance, le pilote (lâchons le mot) gagne en complicité avec la V8 Vantage. Il n'en fallait pas temps pour qu'elle se laisse apprivoiser et qu'elle nous fasse plonger dans l'art du déhancher.

Car si elle a bien un contrôle de trajectoire, cette Aston Martin autorise tout de même la glisse de l'arrière, encore plus si la route est … mouillée. Sans jamais trahir son pilote, la V8 Vantage est prévisible, annonce sa ruade et se laisse remettre dans le droit chemin sans peine : un régal ! Pour ajouter un peu de piment, on peut abaisser le contrôle d'un niveau puis le déconnecter.

Quand il convient de freiner l'ensemble, le système de freinage est au sommet de son art. Puissant sans jamais être brutal et surtout endurant, après une liaison digne d'une spéciale de rallye, son pilote peut arriver à destination sur un filet de gaz avec toute l'élégance qui se dégage naturellement de son carrosse.

Conclusion : subtile mélange des genres

Cette Aston Martin est sans aucune contestation possible la rencontre des deux mondes de l'automobile anglaise.

D'un côté, le luxe et l'élégance des Rolls Royce et autres Bentley. De l'autre, la fibre sportive des productions exotiques comme Lotus ou Caterham.

Cette V8 Vantage est un moment rare, seulement 65 000 Aston Martin sont sorties des usines depuis la création de la marque.

On comprend alors mieux le capital sympathie et le respect qu'elle impose sur son passage. Mais si seulement ils pouvaient aussi savoir combien elle est performante … La Porsche 911 aurait sans doute beaucoup moins de fans !

Les chiffres :
Prix : à partir de 109 000 euros
Consommation moyenne durant l'essai : au moins 16 litres après …
Puissance 426 ch
Vmax : 290 km/h
0 à 100 km/h : 4,9s
 

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