Essai Bentley Continental GTC W12 : la reine des GT de luxe est anglaise

Une voiture de sport, c'est bien. Encore faut-il pouvoir vivre tous les jours avec et si possible, en famille. Et à ce petit jeu de la polyvalence, c'est une GT anglaise qui fait toujours figure de référence. Non, pas une Aston Martin, une autre GT anglaise...

Il y a beaucoup de façons de dépenser 200 000 euros lorsqu'on veut s'acheter une voiture de rêve. A ce prix, des supercars comme la Ferrari 458 Italia, la McLaren MP4-12C ou encore la Lamborghini Gallardo pourront vous permettre de prendre un plaisir monumental au volant, que ce soit sur une belle route de la Côte d'Azur ou sur un vrai circuit pour profiter pleinement des performances de ce genre de machine. Vous préférez sacrifier un peu de performances sur l'autel du confort ? Dans ce cas, il faudra penser à des GT moins extrêmes comme la Mercedes SLS AMG, l'Aston Martin DB9 ou la Ferrari California. C'est déjà un peu plus pratique sur le long terme puisqu'il y a un vrai coffre à l'arrière, plus d'espace à bord et un châssis moins ferme en matière de suspensions. Enfin, si vous préférez vous offrir le top du confort et du luxe en matière d'automobile, il vous suffira d'opter pour les versions les plus équipées et les mieux motorisées de limousines comme la Mercedes Classe S, la BMW Serie 7 ou l'Audi A8. Si possible, installé à l'arrière en profitant de son vrai petit salon roulant.

A moins d'opter pour une GT du genre de la Bentley Continental GT. Pas une limousine, encore moins une vraie voiture de sport. Plus puissante qu'une Ferrari 458 Italia mais plus confortable qu'une berline. Un coupé luxueux avec un gros moteur, la formule a le mérite de rester compatible avec une utilisation de tous les jours même en roulant en famille ou entre amis.

La voiture de l'autre peuple


Bentley fait partie de ces marques de prestige rachetées par le groupe Volkswagen à la fin des années 90, en même temps que Lamborghini et Bugatti. Une marque anglaise avec une image et un pedigree historique extrêmement valorisants, autrefois cousine de Rolls-Royce qui bat aujourd'hui pavillon BMW. Oui, les deux marques anglaises les plus prestigieuses sont désormais propriété de groupes allemands mais dans un cas comme dans l'autre, on peut difficilement dire que les repreneurs ont terni l'image de ces deux joyaux britanniques.

Chez Bentley, l'arrivée de la Continental GT en l'an 2003 marquait un tournant important dans l'histoire de la marque : un peu moins chère que le reste des Bentley d'alors, la Continental GT était aussi infiniment plus moderne. Construite sur une plateforme d'origine Volkswagen, équipée d'un W12 biturbo surpuissant et d'un style simple mais très reconnaissable, l'auto s'est tout de suite imposée comme une référence auprès d'une riche clientèle intéressée par sa polyvalence et par sa stature toujours distinctive.

L'année dernière, le constructeur de Crewe présentait une nouvelle mouture de cette Continental GT, remise à jour après pas loin d'une décennie dans une carrière déjà bien remplie. Bentley dévoilait ensuite sa version cabriolet, puis sa version « d'entrée de gamme » équipée d'un nouveau moteur V8 plus petit et moins puissant. On n'attend plus que sa nouvelle déclinaison berline quatre portes pour que la famille soit au grand complet.


La classe polyvalente

Sur la route du château de Windsor, notre modèle d'essai était comme un poisson dans un Fish & chips. En marge du tout premier concours d'élégance automobile organisé au château de la famille royale, nous disposions du modèle idéal pour profiter d'une météo incroyablement clémente dans la région de Londres à la toute fin de l'été où se déroulait cet essai : une Continental GTC W12. Le « C » précise que nous avons affaire à la variante cabriolet, un peu plus chère que le modèle coupé mais aussi plus indiquée pour les balades ensoleillées autour de la capitale anglaise.


Cette Continental GTC ne provoque évidemment pas les mêmes coups de foudre qu'une Aston Martin, à laquelle il suffit d'un court passage dans la rue pour émerveiller les piétons. Plus imposante et beaucoup plus massive, la Bentley préfère garder une once de discrétion surtout dans le coloris gris métallisé de notre modèle d'essai. Ses lignes restent sobres même si ses jantes de 21 pouces marquées d'un gros « B » et sa calandre chromée ont déjà été aperçues dans bien des clips de rap US.

A l'intérieur, la Conti vous accueille dans un salon à la finition forcément parfaite, bourré des matériaux les plus nobles possibles. Il n'y a que dans une Rolls-Royce qu'il est possible de trouver plus baroque et plus poussé dans la façon d'en mettre plein la vue, encore que l'ensemble peut rester là aussi assez simple et discret si le client le désire : pour preuve, notre modèle d'essai à la sellerie gris foncé / beige clair assez peu ostentatoire par rapports à certaines combinaisons de cuirs et de bois possibles.


Ah oui, nous sommes en Angleterre alors le volant est à droite. Pas idéal pour un Français peu habitué à rouler à l'envers lorsqu'il faut se faufiler dans le trafic de Londres, surtout avec un gros bébé de cinq mètres de long pour deux mètres de large : des dimensions de Range Rover, en somme. Et pourtant, qu'il est facile de rouler avec cette Conti ! La boite automatique égraine ses (6) rapports avec une douceur seulement égalée par le filtrage des suspensions (pneumatiques et réglables, de la position la plus confort au mode le plus sport). La direction légère permet une conduite d'un doigt et le gabarit imposant de l'auto est de toute façon compensé par une armée de capteurs et autres caméras de recul si vous avez à faire une manœuvre en ville. La Conti vogue au dessus du bitume, sans secousses et sans bruit, avec ses passagers bien calés dans un palace pour quatre. Un peu comme dans une Rolls, en fait.

Mais non, on n'est pas chez Rolls ici. La Bentley cache quand même du muscle sous son physique de lord . Près des studios de Pinehood où sont tournés chaque épisode de James Bond, nous avons trouvé des routes suffisantes pour laisser s'exprimer les 575 chevaux de son grand W12 bi-turbo. La suspension et la transmission sont entièrement paramétrables et restent compatibles avec une utilisation sportive occasionnelle. Vautré dans l'opulence de son habitacle, on avait vite oublié que ce pachyderme de près de deux tonnes et demi est capable de rouler vraiment très fort. Quand il délivre ses montagnes de couple et de puissance, le W12 vrombit mais ne rugit pas comme une mécanique de voiture de sport. Il garde une sonorité assez feutrée, beaucoup plus pudique qu'un V8 Ferrari, qu'un V10 Lamborghini ou qu'un V12 Aston Martin. Les accélérations sont très linéaires, oubliez en revanche les palettes au volant et le mode manuel qui ne sert pas à grand chose car trop peu réactif. On a certes déjà vu plus joueur pour sauter de courbe en courbe sur une route de la campagne anglaise mais elle ne se vautre pas dans les virages comme une Rolls. Cette GTC W12 ne rechigne absolument pas à hausser le rythme de temps en temps. Donnez lui un peu d'espace et elle sera même capable de pousser beaucoup plus fort qu'une Aston ou une 911 Carrera S en pointe : Bentley annonce 318 km/h en vitesse maximum pour le coupé !

Le luxe facile

C'est certain, à plus ou moins 200 000 euros ce n'est pas une Bentley Continental GT qu'il faut acheter si vous ne rêvez que de sport et rien d'autre. Mais pour tout le reste, elle nous semble quasiment imbattable. D'autres grands coupés comme la BMW M6 ou le Mercedes CL 65 AMG sont sans doute capables de se montrer aussi confortables et performants, mais ils restent quand même moins distinctifs qu'une Bentley ornée de son logo ailé. Dans cette catégorie des grands coupés suffisamment habitables et polyvalents, on pourrait aussi penser à la Ferrari FF mais cette dernière est d'avantage tournée vers le sport et son tarif est encore plus élevé.

Si vous aimez l'automobile et le sport automobile mais que vous n'avez pas des moyens illimités, vous possédez probablement un véhicule classique (Renault Megane, Volkswagen Golf, monospace...) pour votre famille tous les jours et éventuellement, un karting pour vous amuser le week-end. Si vous gagnez au loto demain, vous remplacerez probablement le karting par une voiture de sport ultra-performante et dans ce cas, c'est sans doute une Continental GT qui servirait pour tous les jours. Même pour aller au ski : grâce à ses quatre roues motrices, elle ne craint pas non plus la neige pour peu que vous l'équipiez de pneus hiver...

Performances : 0 à 100 km/h en 4,6 secondes (Continental GT W12 Coupé), vitesse max de 318 km/h.

Prix : à partir de 191 000 euros pour le coupé W12, à partir de 210 000 euros pour le cabriolet W12. Les versions V8 sont moins chères (à partir de 163 000 euros).

A lire également : Notre essai de la Ferrari FF

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