Essai nouvelle Mazda 6 : sélective

La nouvelle Mazda 6 est aussi le porte-étendard de la marque. Elle compte bien rivaliser très sérieusement avec les meilleures berlines familiales grâce à une stratégie commerciale très sélective et un style plus affirmé.

L'année dernière, le constructeur japonais lançait son SUV CX-5 qui semble unanimement reconnu comme une nouveauté réussie dans son segment, que ce soit par ses chiffres de vente ou ses quelques distinctions internationales. Dans la foulée, Mazda s'attaquait au renouvellement de sa berline familiale 6, modèle doublement important en raison de son statut : il n'y a pas plus haut dans la gamme Mazda sur notre marché, aussi devait-elle assurer son rôle de véhicule d'image et concentrer le meilleur de la marque.

Preuve de son importance, la précédente mouture de la 6 ne sera restée que quatre ans au catalogue, une durée de vie exceptionnellement courte dans ce segment des berlines familiales où ses concurrentes y restent généralement un peu moins de sept ans (en comptant un restylage de mi-carrière). Une précédente mouture déjà louée à l'époque pour ses qualités mais qui comptait sur un style lisse et plutôt discret. Depuis, il y a eu du changement chez Mazda.

C'est Kodo

Chez Mazda, on aime bien se référer à des périodes stylistiques. Les modèles sortis lors de la dernières décennies ont été dessinés sous l'ère Nagare, faisant la part belle aux lignes douces. En 2011, Nagare laissait place au style Kodo, résolument plus acéré (grosse calandre, lignes plus tendues). Le CX-5 était le premier modèle à porter ce style dans les rues, qu'on retrouve logiquement sur cette nouvelle 6 de troisième génération. Par rapport à la précédente mouture de la 6, c'est une assez grosse rupture et pour nous, un changement clairement réussi.

Bien sûr, tout cela n'est -comme d'habitude- qu'une question de goûts mais il y a fort à parier que les lignes de cette nouvelle 6 plairont. Jamais nous n'avions eu une berline Mazda aussi sûre d'elle. Avant de la juger, attendez si possible d'en croiser une dans la rue car le rendu n'est pas du tout le même en vrai, il est nettement plus avantageux surtout dans un coloris clair qui convient nettement mieux à ces traits parfois plus sensuels que consensuels. La 6 semble être devenue vraiment mature et n'a plus rien à envier à une berline premium. A noter qu'elle s’accommode particulièrement bien du rouge vif, comme une Ferrari ou presque. Par contre, les lignes du break – plus conventionnelles- sont moins compatibles avec ce style Kodo par rapport à la berline et son pavillon arrière fuyant, à la façon d'une A5 Sportback ou d'une CLS.

Et à l'intérieur, ça donne quoi ? Là aussi, le style évolue beaucoup depuis la précédente génération. Imaginez un tableau de bord de Mercedes Classe E, en plus ondulé. La navigation se fait via un gros écran central et une incontournable commande façon iDrive juste derrière le levier de vitesses, l'arsenal technologique à bord peut être très poussé et la dotation est, même en entrée de gamme, d'un niveau élevé. Très bon point, cette nouvelle 6 se montre plus spacieuse ce qui n'est pas surprenant au regard de la taille de l'auto : elle a beaucoup grossi et fait maintenant partie des plus grosses berlines de son segment, elle est même proche de certaines berlines de segment supérieur (Mercedes Classe E, BMW Serie 5...). Cette augmentation de taille est bénéfique à l'habitacle, pensé pour accueillir confortablement des passagers mêmes grands y compris à l'arrière, malgré le dessin du toit très particulier. Sur ce plan, la Mazda6 fait partie des meilleures. Coté coffre, elle se défend bien sans atteindre des records. A noter que le break est plus court que la berline et qu'en contrepartie de son meilleur volume du coffre, il offre un tout petit peu moins d'espace aux places arrières !

Coté finition, l'habitacle est globalement réussi sauf au niveau de la partie basse de la console centrale, qui s'étend de l'encadrement du levier de vitesses jusqu'à l'accoudoir et aux buses d'aération des places arrières. Sur les deux modèles que nous avons essayé pendant notre session au Portugal, nous avons eu la surprise de découvrir une pièce qui bouge à la moindre pression du genou ou de la main, même sans faire preuve d'un acharnement mesquin. Étonnant et dommage compte tenu du niveau atteint par le reste de cet intérieur, peut-être que le défaut sera corrigé d'ici la commercialisation de l'auto. A vérifier.

Zoom-Zoom sur la technologie

La marque est très fière de son programme Sky Activ, lancé en l'an 2007 dans le but de diminuer sensiblement la consommation de ses modèles tout en augmentant leur niveau d'efficacité. Comme le CX-5 avant elle, cette nouvelle 6 reprend directement tous les efforts SkyActiv à son compte. Le châssis est SkyActiv (plus rigide mais aussi plus léger), les moteurs sont SkyActiv (consommation en baisse, efficience en hausse) et même les transmissions ont droit au badge Sky Activ.


La bonne nouvelle, c'est que SkyActiv n'est pas qu'un joli badge marketing. Pas d'hybride ou d’électrique (pour l'instant), Mazda préfère tout miser sur les meilleurs développements possibles de technologies simples et suffisamment efficaces. Cette nouvelle 6 peut compter sur un châssis plus léger malgré des dimensions en hausse. Mazda annonce par ailleurs des chiffres de consommations qui font d'elle l'une des meilleures élèves actuellement dans la catégorie, si on la compare à ses concurrentes pour un même niveau de puissance. Grâce notamment à quelques systèmes intéressants comme le i-Eloop qui alimente les systèmes électroniques de l'auto en utilisant l'énergie accumulée pendant les phases de décélération. A noter que Mazda fait figure d'exception sur ses moteurs essence en n'utilisant que des blocs atmosphériques, sans suralimentation à l'heure où tous se tournent vers le down-sizing. Au vu des chiffres de consommation revendiqués, on se dit que la technique marche tout aussi bien.

Nous n'avons malheureusement pas eu la chance d'avoir une chaussée sèche pour mettre sérieusement cette nouvelle 6 à l'épreuve sur nos routes d'essais. Dommage car sous la pluie de Lisbonne, la comportement de l'auto nous a laissé entrevoir de belles capacités. L'amortissement est plutôt ferme, la commande de boite manuelle agréable et la boite de vitesse automatique, pas trop lente. Au volant de la version essence 165 chevaux, on se surprend à cravacher pour montrer très haut dans les tours pour attaquer (bloc atmosphérique oblige), chose devenue rare sur des berlines de ce genre. Que ce soit en diesel ou en essence, l'auto ne nous a vraiment pas paru pataude, plus tournée vers le plaisir de conduire que la Skoda Octavia que nous essayions la semaine dernière.

Faussement élitiste

Coté tarif, la stratégie opérée par Mazda est assez ciblée puisque la marque fait pour l'instant l'impasse sur les petits moteurs. Deux choix en essence (2,2 litres 165 chevaux, 2,5 litres 192 chevaux) et deux choix en diesel (2,2 litres 150 chevaux, 2,2 litres 175 chevaux), rien d'autre. Du coup le prix d'entrée à 28 500 euros sur la version diesel 150 chevaux peut paraître élevé, il ne l'est pas au regard de la motorisation et de l'équipement face à la concurrence. Et avec 108 g/km de CO2 et 4,2 litres/100 km pour le diesel 150 chevaux (en attendant de descendre à 104 g/km et 3,9 l/100km sur une future version du moteur), elle bat même la dernière Skoda Octavia sur le terrain de la consommation, pourtant particulièrement frugale et plus compacte que la Japonaise.

En résumé, cette nouvelle Mazda 6 ne rebutera que ceux qui refusent de mettre plus de 25 000 euros dans une berline et préfèrent se contenter d'un petit moteur. Sinon sa philosophie de conception, ses lignes, son niveau d'équipement et ses tarifs très compétitifs par rapport à la concurrence devraient lui permettre une bonne percée sur notre marché. Ne reste plus qu'à attendre le retour d'une version MPS pour asseoir un peu plus son statut de porte-étendard et pourquoi pas, jouer sur le terrain d'une Opel Insigna OPC...ou d'une Audi S4 !

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