Lexus CT200h restylée [Essai]

Pas facile de s'implanter sur le marché premium en Europe face à des références aussi bien établies que BMW, Audi et Mercedes. Après sa CT200h apparue en 2011, Lexus poursuit sur le segment C avec sa version restylée que nous venons d'essayer sur les routes italiennes.

Conçue originellement pour viser le marché américain, la division Lexus du groupe Toyota s'y est largement imposée au point de rivaliser directement avec Mercedes, Audi, BMW ou Cadillac sur ces terres. De quoi décider les dirigeants du groupe à déployer Lexus dans le reste du monde et sur le marché ouest-européen, où l'enseigne premium mise actuellement sur sa panoplie de modèles hybrides : en France, 99,6% des autos vendues par la division luxueuse du constructeur japonais disposent d'un moteur alliant l'essence à l’électricité. Cette stratégie européenne passait d'ailleurs à la vitesse supérieure en 2011 avec l'arrivée de la CT200h, conçue comme une compacte premium rivale des Audi A3 et BMW Serie 1, une catégorie qui cartonne sur le vieux continent. Mais face aux gammes pléthoriques déployées par les marques allemandes, Lexus préférait se contenter d'une seule motorisation, peu puissante et très économe. Aujourd'hui, cette CT200h arrive au stade de la mi-carrière et reçoit un restylage assorti de quelques nouveautés techniques. 


Grande bouche

Les récentes nouveautés Lexus arborent toutes une très grande calandre, signe distinctif dans la nouvelle orientation stylistique de la marque. Comme les berlines IS, GS et LS, la « petite » CT200h adopte donc cette grande bouche ouverte jusqu'au bas du bouclier. Le style général de l'auto n'évolue que très peu au delà de cette calandre, avec seulement des optiques retravaillées et des boucliers modifiés, notamment pour gagner un peu en trainée aérodynamique. On retrouve donc cette silhouette qui ferait presque penser à un break compact, respectant les codes du premium selon Lexus mais manquant peut-être un peu de dynamisme après une nouvelle berline IS particulièrement démonstrative. A noter qu'elle peut se montrer un peu plus agressive en choisissant le pack F-Sport, qui rajoute une calandre maillée et des boucliers peints en noir sur leur partie inférieure. A l'intérieur, le style de la planche de bord reste quasiment la même avec un volant repris de la berline IS et quelques nouveautés en matière d'infotainment. Le dessin de cette planche de bord apparaît plus chaleureux que dans une Audi A3, surtout si vous optez pour la sellerie cuir beige qui garnit joliment l'entourage de la console centrale. En revanche, quelques détails dans les boutons paraissent un peu datés et la finition de la partie basse, comme sur une Mercedes Classe A, pourrait être meilleure. Rien à dire en revanche sur la position de conduite, quant à l'habitabilité elle est dans la moyenne de la catégorie des compactes de segment C.

La mise en route du moteur (via le bouton Start ) est un moment déconcertant puisqu'il ne réveille pas le moteur thermique mais seulement le générateur électrique. Comme la Toyota Prius dont elle reprend quasiment l'intégralité du groupe motopropulseur, la CT200h reste une automobile hybride de 136 chevaux qui peut rouler en tout électrique sur une distance de deux kilomètres, offrant un confort de tout premier plan dans un bouchon romain comme sur notre essai. Jusqu'au moment de la première accélération franche sur la pédale de droite, où le quatre cylindres essence monte instantanément à plein régime via la transmission CVT. La sonorité est alors assez peu élégante et le niveau d'accélération, au niveau d'une compacte équipée d'un moteur essence peu puissant : loin d'un bloc diesel de 120/130 chevaux ou d'un moteur essence de 140 / 150 chevaux. Les performances sont certes suffisantes pour jongler sans encombres entre les files d'une grande ville embouteillée ou se lancer sur l'autoroute en périphérie de Rome. Elles ne permettent simplement pas à la CT200h de revendiquer un tempérament sportif, malgré une direction électrique recalibrée (plutôt bien réglée) et un comportement dynamique visiblement très sain. Le choix d'un petit moteur hybride est évidemment bénéfique lorsque vous roulez en ville, où vous pourrez descendre sous les cinq litres aux 100 km en adoptant une conduite tranquille et en activant le mode ECO. Mais si vous sortez de la ville, le niveau de consommation passera inévitablement au dessus d'une Mercedes Classe A ou d'une Audi A3 équipée d'un petit moteur diesel, surtout si vous avez le pied lourd. L'agrément de conduite est alors en retrait.

Une Prius de luxe

Améliorée sur le plan du confort, de l'équipement (pléthorique en finition haute) et de la consommation (82 g/km de CO2 et 3,6 L/100km sur l'entrée de gamme avec les roues de 15 pouces), la CT200h reste un modèle à part dans le monde de la compacte premium. Faute d'une gamme de motorisations riche et de versions puissantes, elle ne rivalise pas directement avec les BMW Serie 1, Audi A3 et autres Mercedes Classe A. Elle se contente d'offrir un traitement haut de gamme au concept technique de la Toyota Prius, pour concurrencer leurs versions à petit moteur seulement. Très à l'aise en milieu urbain, elle coûte aussi moins cher que ces dernières à équipement égal : comptez 28 433 euros (bonus hybride déduit) pour le cœur de gamme CT200h Pack. Certaines nouveautés hybrides plus sophistiquées comme l'Audi A3 e-tron sont capables de consommer moins et même de rouler en tout électrique sur des trajets urbains, mais elles sont presque 10 000 euros plus chères. Le compromis offert par la CT200h devrait donc continuer à séduire certains amateurs du genre hybride, après quelques 42 000 exemplaires écoulés en Europe depuis son lancement.

La Lexus CT200h passe au restylage de mi-carrière. Elle en profite pour évoluer un peu, chose obligatoire dans une catégorie très chargée en concurrentes premium de qualité. Nous avons pu en ... plus 
La Lexus CT200h passe au restylage de mi-carrière. Elle en profite pour évoluer un peu, chose obligatoire dans une catégorie très chargée en concurrentes premium de qualité. Nous avons pu en prendre le volant dans les rues de Rome. moins 
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Yahoo Autos
jeu. 27 févr. 2014 12:00 HNEC

 

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